25 mai 2019

Pourquoi ai-je eu l'impression de devenir idiote à cause de mon job ?

  Vous le savez peut-être (ou pas), mais j'ai toujours été attirée par les lettres, les cultures diverses et ai toujours eu une soif d'apprendre certaine. Aussi, depuis mon enfance, je lis des choses pas forcément accessibles à tous mes camarades — par exemple, j'ai reçu comme cadeau de Noël, vers mes dix ans, une énorme encyclopédie sur l'Egypte ancienne et je l'ai absolument chéri, l'ayant toujours dans ma bibliothèque.
  Plus tard, j'ai été cette lycéenne qui choisissait les plus gros livres à lire en option, par rapport aux autres et encore un peu plus tard, je me suis lancée dans les Lettres Modernes et tous ces bouquins à assimiler...
  En gros : j'ai toujours été entourée de livres, presque davantage encore dans mes cursus d'Histoire de l'Art et d'Anthropologie et ça m'a fait tout drôle d'entrer dans la vie active... en ayant presque plus le temps de lire, puis en ne lisant plus du tout !

  Qu'on se comprenne bien : lire ou non n'a absolument aucun lien avec le fait d'être idiot ou non mais chez moi, pour ma petite personne propre, je ressentais un manque qui me pesait sur le moral. Autour de moi, les gens étaient impressionnés par mes lectures, et ça gonflait mon orgueil (autant que ça me fatiguait parce que non, la littérature russe, par exemple, n'est pas si difficile d'accès blablabla).
  Ainsi, pour moi qui ai fréquenté des personnes dans des milieux artistiques, j'ai été impressionnée par leur immense culture en cinéma ou en musique, de même pour d'autres personnes dans d'autres domaines dans lesquels je ne comprends strictement rien. Chacun son truc. Dans mon cas, ce sont les livres. Et je ne prenais plus le temps de lire, outre la période des beaux jours, sans trop savoir pourquoi.

  Et puis, l'hiver dernier, à la faveur d'un accident du travail, j'ai eu énormément de temps à tuer, coincée chez moi et me suis ainsi remise à lire avec avidité. Et à lire de tout ! Avec avidité ? Frénésie, plutôt, comme si je rattrapais un retard de quatre années. Et je ne me suis jamais sentie aussi bien depuis un moment. J'avais réellement la sensation d'être plus intelligente par cette accumulation de lectures. Mais pourquoi ? Pourquoi se sent-on aussi diminués lorsqu'on se détourne de ce qui nous est nécessaire ? Non, pourquoi se détourne-t-on de cela, en fait ?

  Le temps ? Une fausse excuse ! Lire un livre me prends moins de temps que de terminer une série sur Netflix, tout est question de choix.
  La paresse intellectuelle ? Il y aurait un peu de ça, comme si la fatigue d'un travail débilitant ne pouvait disparaître grâce à des mots... ce qui est pourtant tout à fait indiquer pour lutter contre un quotidien morose.
  Se sentir en décalage vis-à-vis des autres ? Voilà qui a joué, dans mon cas. Je n'étais pas entourée de personnes s'intéressants grandement à la culture de manière générale (mis à part le cinéma grand public et les séries Netflix), ce qui m'a quelque peu coupé dans mon élan, freiné dans mon rythme coutumier de lectures, de sorties pour courir les expositions (sur le long terme), ce cercle ne favorisant pas les échanges... Et puis j'ai finalement compris que je n'en avais rien à faire et que, tant pis, je me retrouvais seule dans ces univers, ce qui n'est pas grave. Je dois rester ma propre source d'impulsion.
  Normalement, je n'ai que faire de l'opinion mais là, je ne sais pas comment, j'ai été happée par un courant, ayant été certainement trop poreuse dans un environnement dans lequel les travailleurs dits "de terrain" sont constamment rabaissés, dans lequel mes collègues ne s'intéressaient majoritairement pas à la culture (pas même celle de leur propre pays, alors que ça aurait pu être une formidable source d'échanges), dans lequel le moral était souvent resté chez moi, ne me donnant pas envie de faire quoi que ce soit pour sortir de mon mal-être... sauf que tout ceci devenait un cercle vicieux : j'avais renoncé à une partie de moi, j'allais mal, je ne m'évadais plus, je n'apprenais plus d'une certaine manière, donc j'allais mal etc.

  Je pense que beaucoup se sont trouvés ou se trouvent actuellement dans le même cas pour certaines de ces raisons (ou d'autres encore) mais tout peut basculer : soyez votre propre source d'impulsion. En toute circonstance, peu importe ce qui doit s'y référer. Ne comptez que sur vous-même pour votre mieux-être : vous êtes le/la seul/e à vous connaître, après tout !

—xoxo

12 mai 2019

"Lee Ufan. Habiter le temps"

  Il y a quelques jours, je me suis rendue à Metz afin de pouvoir apprécier cette exposition de l'artistique sud-coréen Lee Ufan, et je n'ai pas été déçue.


  J'ai pu le répéter quelques fois : je suis très critique envers l'art contemporain, n'y trouvant pas toujours mon compte, préférant souvent me concentrer sur l'aspect esthétique de l'œuvre plutôt que son supposé message (souvent surinterprété). Toutefois, j'ai pu suivre des cours d'Histoire de l'Art et ne suis pas totalement hermétique à toute forme contemporaine. Ainsi, je me suis laissée tenter par cette exposition qui me semblait revêtir un caractère sinon spirituel, sensoriel.
 

  Je me suis donc plongée dans les œuvres picturales qui m'ont particulièrement captivées, une certaine sérénité s'en dégageant grâce notamment aux effets de textures et, bien entendu, au travail de la couleur (ses travaux avec la couleur pourraient le montrer plus explicitement, les dégradés étant presque hypnotiques).
  C'est un Art serein qui nous est proposé, hors de tout et pourtant au centre d'une réflexion sur le monde qui nous entoure : de quoi sommes-nous entourés ? De vide ? Assurément non.


  J'ai été un peu moins sensible à ses travaux avec la pierre, même si j'ai parfaitement compris la démarche, qui reste intéressante. L'exception concerne l'œuvre que je vous présente ci-dessus, où la pierre et le coton sont comme en synergie et offrent un contraste de texture et de sensation qui m'a parlé (encore une fois : il faut se laisser happer par ce qu'il y a sous nos yeux et, étant une personne très sensorielle, ça m'est plutôt évident, l'Art peu ainsi avoir une grande emprise sur mes sens et mes émotions).
  Il y aurait également une deuxième exception, que je vous laisserai découvrir : une chambre à thé figurée en papier de riz, plantée au milieu de graviers, trois pierres en-dehors et une en-dedans.

  A la toute fin, il y a une interview de l'artiste qui nous est proposée et je vous la recommande, elle était tout à fait intéressante pour comprendre son travail et, alors que je ne m'étais absolument pas renseignée sur Lee Ufan (je ne le fais jamais, pour ne pas risquer de dénaturer mon ressenti face aux œuvres), j'ai réussi à cerner sa vision et tout à fait sens, naturellement. Pour lui, c'est le ressenti qui prime : "Mes tableaux sont simples. Tellement simples qu'il n'y a pas à les regarder"; plongez-vous dedans, laissez-vous envahir, ne surinterprétez pas.

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  Ainsi, je vous recommande chaudement cette petite bulle hors du temps... paradoxalement, il faut être en-dehors, pour pouvoir l'habiter.

Lee Ufan. Habiter le temps jusqu'au 30 septembre 2019 au Centre Pompidou-Metz
★★★★★
—xoxo

3 mai 2019

Et si je redevenais régulière ? — Mes lectures du mois (avril 2019)

  Non, je n'ai toujours pas terminé de rattraper mon retard dans la présentation de mes lectures depuis le mois de décembre dernier, mais ça se fait petit à petit. Cela ne doit toutefois pas empêcher la bonne marche de "Mes lectures du mois" autrement, nous ne nous en sortirons jamais ! Ainsi, je suis prête pour le mois écoulé !


  Avant tout, une dernière chose : j'ai abandonné le système d'étoiles données, ne reflétant pas forcément la qualité d'une œuvre, mais l'intérêt qu'elle a eu sur moi. A la place, afin de faire davantage ressortir le côté subjectif de la chose, plutôt que de lâcher une pseudo note sans vous détailler les livres présentés (ce n'est pas le but, j'ai simplement envie de vous partager mes lectures, comme à des amis, sans entrer dans les détails), j'ai opté pour un petit emoji, le tout lancé sur Instagram.

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  Je me tuerais pour vous, et autres nouvelles, F. Scott Fitzgerald, Editions Le Livre de Poche, 2017 — 💖

  Si vous êtes nouveaux ici ou si vous ne l'avez toujours pas compris : je suis une grande admiratrice du travail de Fitzgerald. Ainsi, c'est avec bonheur que je me suis délectée de ces nouvelles, regroupant des destins tragiques, des personnages de femmes énigmatiques, des situations absurdes... bref : un petit bijou qui vous plaira à coup sûr.

  Anges déchus, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018 — 🛸

  Comme pour le précédent, je n'en dirai rien tant que je n'aurai pas terminé la saga.

  Life Lessons from Remarkable WomenStylist, coll. Penguin Life, Editions Penguin Books, 2018 — 💁‍♀️

  Livre en anglais, certes, mais tout à fait accessible que j'ai décidé de ramener de mon séjour écossais afin de découvrir des femmes potentiellement inspirantes et je n'ai pas été déçue de ce côté-là. En effet, ce n'était pas tant pour le contenu (qui pourra toutefois en éclairer beaucoup, mais je connaissais déjà tout ceci et ne manque pas de confiance en moi ou de panache) que pour leurs auteures, toutes féminines, venant d'horizons divers que j'ai été interpellé par ce petit ouvrage... que je recommande à tous, quel que soit votre genre.
  Agréable à lire et bien fait en ce qu'il propose une courte biographie des auteures en toute fin, ce qui permet d'aller plus loin en nous plongeant dans les œuvres de ces personnes.

  Discours de la servitude volontaire, Etienne de La Boétie, coll. Librio Philosophie, Editions Flammarion, 2018 — 💪

  Un petit ouvrage que je recommande à tous ! Il ne peut faire que du bien pour secouer les consciences... pour peu qu'on aspire à mieux pour sa vie.

  Suivi de De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, Benjamin Constant
  Discours autrement intéressant, mais je ne sais pas vraiment pourquoi l'avoir couplé avec celui de La Boétie. Il permet de parler de liberté et d'approcher d'autres thématiques à approfondir, dans une période de mutations politiques pour la France. Je l'ai ainsi abordé sur un plan plus historique que philosophique.

  Suivi de Le Loup et le Chien
  Amatrice de fables, celle-ci, courte, est édifiante et je vous enjoint à la découvrir, elle pourrait en inspirer quelques-uns.

  Pourquoi sont-ils entrés dans l'Histoire ?, Stéphane Berne, Editions Albin Michel, 2019 — 😀

  Il n'est pas rare que je me tourne vers ce type d'ouvrage présentant de manière succincte des personnages ou des moments particuliers de l'Histoire. Mises bout à bout, toutes ces bribes de culture, de petites histoires façonnant la grande donnent un ensemble rafraîchissant et participent à la mémorisation sans effort de ce qui compose l'Histoire de l'Humanité.
  Je peux ainsi tout à fait vous recommander celui-ci, mais peut-être en attendant sa réédition en poche (si elle se fait), vous conseillant plutôt de mettre le prix dans un ouvrage vous présentant moins de personnages mais de façon plus détaillée ou de moments historiques plutôt que de cent personnalités dont une bonne partie donnerait envie de se plonger davantage dans le contexte de son époque.

  La Princesse de Montpensier suivi de La Comtesse de Tende, Madame de Lafayette, coll. Librio, Editions Flammarion, 2017 — 👸🏻

  La violence des passions est tout bonnement incroyable ! Ces lectures ont été enthousiasmantes, mais je ne pense pas qu'elles raisonnent en un large public contemporain... Toutefois, les amateurs de théâtre pourront sûrement être conquis, l'écriture de Madame de Lafayette étant proche de cet Art — en ce sens que les passions sont exacerbées, les personnages grandiloquents, l'emphase presque de rigueur. J'ai hâte d'en découvrir davantage !

  Les Caprices de Marianne, suivi d'On ne badine pas avec l'amour, Musset, coll. Librio, Editions Flammarion, 2019 — 😍

  Ca faisait bien longtemps que je ne m'étais pas plongé dans la lecture de pièces de théâtre et j'en avais presque oublié à quel point j'aimais ça ! L'ironie, le sarcasme, la moquerie, l'exaltation des sentiments, des passions, tout y est. Musset est un dramaturge que j'aime beaucoup et j'ai ainsi dévoré ces deux pièces, avec une petite préférence pour On ne badine pas avec l'amour.

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    Encore dans ma PAL :
  • La Saga des quatre éléments, Tome 1 : Les Messagers des vents, Clélie Avit, coll. Le Livre de Poche, Editions du Masque, 2017
  • L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, Cervantes, coll. Folio Classique, Editions Gallimard, 2008
  • Les Furies, Alain Damasio, Editions La Volte, 2019
  • Le Maître du haut château, Philip K. Dick, Editions J'ai Lu, 2013
  • Eloge de la folie, Erasme, Editions Garnier Flammarion, 2016
  • "Femme, réveille-toi !" Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges, coll. Folio, Editions Gallimard, 2018
  • Furies déchaînées, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018
  • Le Dernier chant d'Orphée, Robert Silverberg, coll. Hélios, Editions ActuSF, 2019
  • Un Hivernage dans les glaces, Jules Verne, coll. Librio Littérature, Editions J'ai Lu, 2016
  • Ni vues ni connues, Collectif Georgette Sand, Editions Pocket, 2019
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        Voyez que j'ai tout de même eu encore quelques lectures ce dernier mois... et que ma pile à lire est encore plus conséquente qu'avant ! Il va falloir mettre les bouchées doubles ! Mais étrangement, je suis contente de crouler sous les lectures, cela me rappelle mes études de lettres et ça me rassure de trouver un peu plus de temps que ces dernières années pour pouvoir lire... j'ai l'impression de regagner légèrement la culture que je pensais avoir perdu... ce qui serait un bon sujet d'article, tiens !

      —xoxo

      27 avril 2019

      "Amoureux fantômes"

        Hautaine. Froide. Condescendante. Autant de qualificatifs dont elle se gaussait depuis toujours et n'y prêtait pas attention. Elle savait qu'ils étaient émis par des personnes jalousant sa confiance en elle, enviant son assurance ou étaient frustrées de ne pouvoir changer leur état, voir, de l'obtenir. Car oui, toute hautaine, froide ou condescendante qu'elle semblait être, elle ferait tout de même un superbe trophée à exhiber... pour peu qu'elle se taise. C'était là la réflexion de quelques-uns.
        Elle marchait d'un pas rapide, pas vraiment aérien, pas réellement gracieux, déterminé, plutôt. Un féroce aplomb drapé d'un vaporeux tissu qui jouait de transparence avec les doux rayons d'un soleil de mai. Le bleu pâle de sa robe complimentait joliment les nuances pêches de sa peau qui n'était ainsi pas d'un teint uniforme, parfait, mais à l'instar de ce fruit, d'une multitude de tons blancs, roses et rouges qui lui conférait un air de fragilité, une fois la première impression de toute-puissance glaciale envolée. Ce petit amas pastel filait entre les badauds du dimanche; elle détonnait tout à fait par son attitude et beaucoup se retournaient à son passage, chose qu'elle ne relevait plus, tant elle en avait l'habitude depuis son enfance. Une exaspération impatiente commençait à se lire sur son visage, ses lèvres pulpeuses, habillées d'un léger voile corail, se contractant en une moue si peu significatrice que le quidam le prenait pour un timide sourire à son endroit chose qui, pour le coup, la faisait sourire intérieurement. Vivait-elle dans un univers miroir pour que son dédain soit perçu de charmante manière ? Elle n'avait toutefois pas le temps de se poser la question : elle allait être en retard par rapport à l'avance qu'elle s'était imposée. Considérant la foule dominicale, elle ne pouvait accélérer davantage sa cadence. Elle allait bel et bien être en retard et elle avait horreur de ça. L'idée même qu'on puisse l'attendre n'était pas acceptable; elle détestait déranger ou être un fardeau...
        Elle avait presque dépassé les Galeries Lafayette du Boulevard Haussmann lorsqu'une image, réminiscence d'un passé pas si lointain, vint la frapper, ralentissant sa progression.

        Ce n'était pas la première fois qu'elle était en retard. Pour un premier rendez-vous. Avec ce lieu comme point de départ. Cela s'était déjà produit deux fois. En cet instant, le fantôme ayant rejoint le même plan astral que cette étoile filante contre l'univers alentour lui murmurait déjà au loin que c'était une mauvaise idée, qu'elle ne l'oublierai toujours pas malgré tout, qu'elle fut, est et sera toujours sienne tout simplement parce qu'elle l'avait aimé un jour.
        C'était avec grand peine qu'elle s'était efforcée de chasser de son esprit cette douce et douloureuse apparition, ce sourire chaud, ces yeux rieurs. Elle savait déjà tout cela. Elle ne le savait que trop bien et pourtant, elle avait spontanément choisi sa pâtisserie préférée comme point de rencontre, elle qui s'était jurée de ne jamais recommencer, afin de ne pas rattacher de mélancoliques souvenirs à ce lieu. Elle approchait enfin, suivie de près par les résidus les plus agressifs de son dernier amour qui la dépassaient et prenaient naturellement forme devant cette entrée du Printemps, avec ce même air qui, l'espace d'un instant, l'avait crucifiée sur place. Le hasard ayant, pour une fois, joué en sa faveur, tout ceci avait coïncidé avec le changement du feu piéton vers le rouge et elle se disait que l'objet de son rendez-vous n'avait sûrement pas pu percevoir le léger choc qu'elle venait de subir par la faute de frissons résultant de cette apparition, conjugués au manque de souffle que ces derniers avaient provoqué. Dans le doute, elle s'était dit que de balayer la mèche brune aux reflets dorés qui lui mangeait une partie du visage lui donnerait une contenance. Aussi, d'un geste infiniment plus élégant que sa démarche militaire, elle s'était appliquée à la ranger derrière son oreille droite tout en relevant ses immenses yeux d'un marron cacaoté vers les portes. L'ectoplasme avait disparu.
        Le bonhomme était désormais passé au vert, ses pensées étaient libres et, comme elle en avait peur, il l'attendait à quelques pas de feus ses souvenirs.
        Il avait encore plus de présence dans cette réalité. On ne pouvait voir que lui, avec son sourire (faussement ?) timide et ses yeux d'infinie mélancolie. Elle s'était elle-même surprise à se trouver impressionnée et à sentir un sourire tout enfantin se dessiner sur son visage dont les joues avaient pris la même teinte que ses lèvres. Elle ne savait pas comment enchaîner après ses excuses pour son inhabituel retard — préambule inutile qu'il avait balayé d'un rire poli — et se décidait donc à l'entraîner à l'intérieur, pour lui faire découvrir quelques merveilles sucrées qu'ils iraient déguster ailleurs.

        Son choix avait été arrêté depuis la veille, lui laissant le loisir de présenter ses préférences à l'objet de son attention unique depuis des mois. Son plaidoyer en faveur de la Nathalie chocolat au lait noisette terminé, dans un moment de relâche, elle détournait les yeux mécaniquement sur sa droite, au fond de la salle, regardant un couple de touristes coréens, un léger froncement des sourcils et une moue imperceptible voilant son visage.
        Ils étaient maintenant de retour au milieu de la foule, deux auras à la pâle mais indéniable attractivité, tentant de s'échapper à contre-courant, bifurquant du côté de la place Vendôme. Le printemps s'était enfin pleinement déployé, mais les Parisiens ne semblaient pas être tout à fait prêts à se débarrasser de leurs teintes ternes et monochromes qui les caractérisent aux trois-quarts de l'année; ainsi, nos deux protagonistes semblaient davantage mis en lumière, elle dans sa robe vaporeuse aux nuances de bleu, lui moulé dans un t-shirt d'un blanc immaculé. Ils captaient toute l'attention de leur présence et de leurs rires, signes d'une complicité naissante.
        A mesure qu'ils progressaient vers la rue de Rivoli, puis du pont de la Concorde, elle se sentait mieux. Toujours légèrement impressionnée, mais mieux. Le matin-même, elle n'avait pas été tout à fait certaine que tout ceci fut bien réel, malgré les derniers mois passés à converser avec cet illustre inconnu. Après tout, nous ne pouvons jamais être sûrs de rien, n'est-ce pas ? Ils marchaient sans réel but, le petit sac du Café Pouchkine, assorti aux teintes de notre hautaine, froide et condescendante héroïne du jour, se balançant gentiment au rythme de leurs pas d'une délicieuse lenteur. Un bon moyen de rallonger le temps en agréable compagnie, c'est ce qu'elle s'était toujours dit, en opposition totale à son énergique marche solitaire. Avec lui, elle avait envie de prendre tout le temps du monde, de profiter de chaque millisecondes sous les rayons du soleil, sur ce quai d'Orsay qu'ils remontaient, dépassant le pont Alexandre III. — « -Mon préféré. -Ah oui ? »
        Il lui avait ainsi proposé de s'arrêter quelques instants, afin de profiter de leurs trouvailles de tout à l'heure qu'elle avait presque oublié (c'était pourtant elle qui tenait le sac).

        Une sensation toute particulière lui parcourait l'échine. Elle se sentait présente à deux endroits à la fois. Comme écartelée. C'était comme si elle se contemplait, au loin, sur les bords d'un autre quai, avec un autre homme. Elle avait l'air plus jeune, plus en chair, tout à fait heureuse. Malgré la distance, elle s'entendait parfaitement rire et, surtout, entendait cette nouvelle apparition du passé lui asséner un discours plein de reproches quant à son physique et à sa manière de se présenter puis, se tournant dans la direction de l'impuissante spectatrice, de lui sourire d'un sourire cruel et froid, les yeux pourtant rieurs et de la mettre en garde contre ce t-shirt blanc qui ne ferait rien d'elle, tout comme lui. Pourquoi compterait-elle ? Elle n'était pas et ne serait jamais de taille face aux fantômes de son passé à lui — il les connaissait, c'était son nouveau monde, après tout. Elle ne représenterait jamais rien et ne servirait que de décoration pendant un temps. Le souffle court, elle se sentait de nouveau pétrifiée, glacée par cette vision et les rires enfantins de son autre elle-même se mêlant au rire sardonique de son premier amour, de ce coup de foudre qu'elle avait pourtant réussi à détruire en son for intérieur.
        En revenant à elle, elle constatait que le temps ne semblait pas s'être écoulé. Seul persistait cette sensation étrange, le long de sa colonne vertébrale et une vague de frissons avait envahit tout son corps, ce que son chevalier servant avait pris pour une réaction à la tiédeur s'installant doucement en compagnie de la soirée, parfaite excuse pour se rapprocher l'un de l'autre. Personne n'était dupe dans le jeu qui se jouait là, mais c'était tout à fait agréable que de prétendre le contraire.

        A mesure que le soleil disparaissait, elle sentait ses oreilles bourdonner. Ils n'avaient toujours pas bougé, entre le musée du quai Branly et le pont Alexandre III, les deux piliers symboliques de sa vie. Elle se sentait bien, mis à part ces bourdonnements. Cela ne l'empêchait pas de suivre leur conversation — elle aurait pu l'écouter des heures durant, peu importe le sujet abordé —, mais elle devait fournir un effort de concentration pour se faire. Dans un moment de relâchement, emportée par un éclat de rire, elle s'était retrouvée avec l'écho, d'abord lointain, d'une voix reconnaissable entre mille. Le bourdonnement venait de là. Ayant profité de cette fenêtre de tir, il avait surgit hors des tréfonds de ses souvenirs pour remonter à la surface. Il attendait depuis longtemps, installé aux côtés du couple de Coréens puis ayant suivi le mouvement jusqu'à cette autre place qui fut la-leur l'espace de leur propre premier rendez-vous. N'était-ce pas risible ? Elle semblait avoir réussi l'impossible et après, quoi ? En quoi étaient-ils ressemblants ? Lui, ne cessait de marteler qu'il avait été le meilleur et qu'il devait en être toujours ainsi, un air suffisant mêlé de profonde exaspération sur son visage qu'il avait finalement réussi à recomposer, afin de personnifier son écho sorti triomphalement du néant. Il se penchait une nouvelle fois vers elle pour l'embrasser. « -Non ! »
        Elle s'était exclamée jusque dans le monde tangible, ce qui avait surpris son béguin qui avait lui-même amorcé un mouvement pour l'embrasser. Elle s'en voulait terriblement, elle qui n'avait attendu que ce moment depuis de nombreuses semaines afin de tirer ses idées au clair. Elle n'eut pas le temps d'y songer, son regard ayant été happé par une Audi sportive dont elle était la passagère. Elle se faisait conduire par un esprit dont le soupir d'agacement était parfaitement perceptible, roulant des yeux avant de les poser sur son simulacre du siège passager et d'accélérer l'allure, renversant les trois précédentes apparitions qui s'étaient dressées devant sa route, comme un jeu de quilles.

      *
      **
      *

        Tout ceci ne pouvait pas être. Elle s'était une nouvelle fois réveillée d'une sensation de mort imminente. Tout ceci n'avait tout simplement pas été. Elle l'avait tout bonnement rêvé. Comme une mise en garde ? Elle était passée experte dans l'art de s'inventer des signes, de ne pas les voir et de les maudire une fois le pire passé, comme si tout avait été décidé à l'instant T des doutes qu'elle n'écoutait jamais. Du moins, elle ne les avait écouté que deux fois et l'avait amèrement regretté. Y avait eu-t-il des signes à blâmer pour cela ? Elle ne s'en souvenait pas et se maudissait alors elle-même. Peu lui importait : l'issue semblait invariablement mener à un cul-de-sac où se tassaient Regret, Remord, Mélancolie, Romantisme, Spleen... et elle. On s'y sentait étouffer, beaucoup trop à l'étroit. Que devait-elle donc faire ?
        Tout ceci ne pouvait pas être, n'avait pas été et, dans le monde tangible, ne serait pas. Des fantômes ? Qu'ils hantent ses cauchemars ou ses doux moments de déprime, mais ils n'auront plus la main-mise sur sa vie sentimentale !
        Non, elle ne croyait pas un mot de tout ceci. Une fois l'Amour ayant rejoint ce cul-de-sac, il était trop tard : il était installé, coincé, encerclé par Regret, Remord, Mélancolie, Romantisme et Spleen, elle lui faisant face, tétanisée. Dans la réalité, elle était installée dans une petite mort, coincée dans une vie fade, encerclée par les mêmes Regret, Remord, Mélancolie, Romantisme et Spleen, son camarde de toujours.
        Elle aurait aimé se rendormir, mais n'y parvenait pas. Des larmes coulaient, malgré elle, sur ses joues veloutées. Elle ne le remarquait même plus tant elle en avait pris l'habitude.

        « -Je t'aime, mais ce n'est pas suffisant. »

        A croire que le fantôme le plus tenace avait réussi à accrocher ses résidus d'ectoplasme hors du royaume de ses songes... Elle s'était surprise à crier, la fureur dans la voix, le feu dans le regard qui ne portait sur rien d'autre que la pénombre des lieux :

        « -Comment est-ce que ça ne peut être suffisant !? C'est que tu ne m'aimes pas ! Si tu m'avais aimé, ce simple fait aurait été suffisant. Par amour, tout est possible. Tout. Regarde, moi : j'étais prête à de gros sacrifices pour toi — mais peut-être dois-je te remercier, de m'avoir quitté afin de ne pas avoir dû commettre l'irréparable pour le simple orgueil de perpétuer ton nom ?... Tout est possible, te dis-je ! Vivre chacun à l'autre bout de la planète, de la galaxie, du cosmos; affronter ses doutes, ses peurs, la maladie; construire, déconstruire, reconstruire à peu près tout et n'importe quoi; surmonter ce genre d'égarement...! Tout... Tout. Tout ! Tu entends !? Bien sûr que non. Tu ne m'aimais pas. Tu le disais, mais j'avais raison : tu ne m'aimais pas. Et moi qui ne le disais pas, je t'aimais. Je t'aime. Et il en sera toujours ainsi; je suis coincée. J'aurais voulu me tuer pour tout arrêter... mais je n'ai même pas cet impie courage. Tout est possible par amour, mais pas d'y mettre fin. Jamais. »

        Ce dernier murmure clôturait son soliloque, les dernières traces de fiévreuses larmes séchées ayant creusé des sillons brûlants dans leur passage lui tirant la peau d'une désagréable manière. Peut-être l'avait-il aimé, comme quelqu'un de normal le peu. Normale, elle ne l'était pas. Elle haïssait profondément la vie, et c'est précisément ce qui faisait qu'elle vivait tout plus intensément ou de la manière la plus parfaitement amorphe qui soit.
        Et c'est précisément pourquoi elle ne voulait pas réfléchir à ce qu'il conviendrait de faire vis-à-vis de l'homme qui avait ramené, bien malgré lui, tous ces fantômes à la surface de sa psyché.

      14 avril 2019

      Pendant ce temps, dans les temps anciens...

        Sans raison aucune, j'ai eu une irrépressible envie de me plonger dans des écrits antiques et mythologiques alors je me suis d'abord penchée sur les Grecs, puis sur le mythe de Gilgamesh qui m'a toujours intrigué avant de terminer récemment par un peu de philosophie (le tout vous étant présenté par ordre alphabétique et non chronologique).


      ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

        Lettre à Ménécée, Epicure, coll. Librio Philosophie, Editions J'ai Lu, 2017

        Une proposition de trois lettres dans lesquelles Epicure retranscrit une partie de son travail pour ses amis, à des fins d'apprentissage. Il vaut mieux être concentré lors de leur lecture, certains passages pouvant être plus complexes qu'il n'y paraît —  du moins, ne connaissant pas le bonhomme plus que le Carpe Diem qu'il a inspiré et que le premier Jean-Michel Connard lâche pour justifier sa conduite de merde alors qu'il ne connait pas la réelle signification de cette pensée, je ne m'attendais pas à des considérations scientifiques dans les présentes lettres.
        Elles sont néanmoins intéressantes et m'ont fasciné dans le fait de pouvoir une nouvelle fois me rendre compte du cheminement de pensée à l'époque et qu'ils pouvaient déjà parler d'atomes et de ce genre de choses, même si, évidemment, des erreurs sont présentes — mais aurions-nous fait mieux ? pas moi, en tout cas !
        En bref, j'ai plus apprécié la construction de ses réflexions que les réflexions en elles-mêmes, ayant tendance à lâcher l'affaire lorsque les sciences entre en jeu, tellement je suis une bille (disons plutôt que les sciences me fascinent et que je pourrais écouter quelqu'un m'en parler durant des heures mais que je suis vite submergée... je suis en admiration, en contemplation, mais très clairement pas en action face à elles).
      ★★★★☆
        
        La Théogonie, Les Travaux et Les Jours, et autres poèmes, Hésiode, coll. Classiques Le Livre de Poche, Editions Librairie Générale Française, 2018

        Sur ma liste depuis des lustres, j'ai enfin pris le temps de me plonger dans la Théogonie d'Hésiode... avant d'en découvrir d'autres versions. Depuis toute petite, je suis fascinée par les Egyptiens et les Grecs de l'Antiquité mais, surtout, par leurs mythologies. Ainsi, même si la lecture fut parfois laborieuse — disons qu'il faut rester concentrer, étant donné la masse de noms qui ne nous disent pas forcément grand chose sous laquelle nous sommes ensevelis; et encore, j'ai eu une petite formation dans le domaine, alors je n'imagine pas pour les autres —, elle fut plaisante et a réveillé mon désir d'en savoir toujours plus sur cette thématique, réveillant mes passions d'enfance.
        Si vous n'êtes pas prêt à vous coltiner la création du monde et d'une grosse partie du panthéon grec, la lecture des autres textes vous conviendrait sûrement davantage et si vous voulez un peu plus de romantisme dans l'approche de la mythologie gréco-romaine, je vous recommande plutôt les Métamorphoses d'Ovide que j'avais dévoré, il y a de nombreuses années et qui se lisent très facilement.
      ★★★☆

        Gilgamesh, Léo Scheer, coll. Librio Littérature, Editions J'ai Lu, 2010

        Présenté comme étant le plus vieux récit de l'Histoire de l'Humanité, cela faisait des années que je souhaitais me pencher sur lui et ce fut tout à fait intéressant. Comme il s'agit d'un récit de tradition orale, je n'en ai lu là qu'une seule version et je serais curieuse d'en découvrir d'autres, ce qui m'intéresse particulièrement lorsqu'il s'agit de mythes. La comparaison me semble, par avance, d'autant plus enrichissante.
        Je vous le recommande, le texte étant court, se lisant sans trop de difficultés et y retrouvant des épisodes présents dans la plupart des récits mythologiques, fondateurs de sociétés, de cultes etc.
      ★★★☆

      ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

          Encore dans ma PAL :
      • La Saga des quatre éléments, Tome 1 : Les Messagers des vents, Clélie Avit, coll. Le Livre de Poche, Editions du Masque, 2017
      • L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, Cervantes, coll. Folio Classique, Editions Gallimard, 2008
      • Le Maître du haut château, Philip K. Dick, Editions J'ai Lu, 2013
      • Eloge de la folie, Erasme, Editions Garnier Flammarion, 2016
      • Discours de la servitude volontaire, La Boétie, coll. Librio, Editions J'ai Lu, 2018
      • Anges déchus, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018
      • Furies déchaînées, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018
      • Life Lessons from Remarkable Women, Stylist, coll. Penguin Life, Editions Penguin Books, 2018
          ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

            Un petit tour qui aura su réenclencher une passion de toujours, comme vous aurez dû le comprendre.
            Lire ce genre de textes est, à mon sens, primordial afin de mieux comprendre les cultures qui composent notre monde mais également mieux comprendre ledit monde qui nous entoure, à commencer par soi-même. Cela peu éveiller des choses en nous et faire raisonner des thématiques qui nous sont propres. Ainsi, je ne peux que vous encourager à découvrir des œuvres mythologiques, mythiques, philosophiques de tous horizons et vous verrez que nous sommes tous guidées par les mêmes préoccupations et avons tous traversés les mêmes épreuves pour en arriver en 2019.

          —xoxo

          2 avril 2019

          We're back from Scotland!

            Je vous ai très récemment proposé un article concernant la préparation d'un petit séjour en Ecosse, prenant pour prétexte le passage du groupe Panic! At The Disco à Glasgow. Aussi, je vais directement commencer par ça, puisque ce n'est pas le propos de fond ici.

          ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

            Le concert était une nouvelle fois dément (j'ai pu assister à celui de Paris, quelques jours plus tôt), la voix de Brendon Urie (le chanteur et seul membre rescapé de la formation d'origine) allant chercher des notes extraordinaires tout à long du show. Il n'y a rien à redire là-dessus : l'homme se dépense et est un réel showman ! toutefois, nous l'avons trouvé très largement moins bavard avec le public écossais que français, sûrement que ce premier était un peu plus froid... j'entends par là qu'il était tout à fait réceptif, participait, chantait et criais comme le notre, mais la fosse semblait beaucoup plus statique, c'était un peu particulier...
            En tout cas, le fait qu'il s'agissait là d'une arena (et non d'un zenith, comme à Paris) a donné plus de place à la scénographie avec des trappes, un piano qui descendait du plafond etc.


            Enfin, gros bémol à l'organisation qui a pris un temps fou à faire entrer le public. Résultat : nous avons loupé la première partie, ce qui n'était pas si grave pour nous, mais inadmissible quand on paye son ticket pour avoir accès à tout un show, les première et deuxième partie incluses.

          ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

            Maintenant que les émotions du concert sont passées, concentrons-nous sur le séjour, avec le Airbnb en premier lieu.
            Le rapport qualité/prix était tout à fait correct en divisant la note par deux, il recelait tout le nécessaire : cuisine et salle de bain équipées ainsi que l'accès au wifi. De plus, pour les voyageurs distraits, des adaptateurs pour vos prises sont mis à disposition, ce qui est tout à fait appréciable. Quand aux hôtes, Ian et Veronica, ils sont tout à fait réactifs aux messages et disponibles en cas de besoin, il n'y a donc rien à redire.
            Le secteur est également pas mal, globalement calme, proche de nombreux pubs et fast food, un Lidl faisant face à l'appartement et de nombreux bus desservant vers le centre ville se trouvant à proximité. Il y a également un joli parc (Queen's Park) à une dizaine de minutes de là.


            Petite note concernant les transports : il est possible que les bus partent en avance... ce qui n'était pas spécialement dérangeant pour nous, puisqu'il y en avait systématiquement un autre cinq minutes plus tard pour le centre ville. D'ailleurs, chose très pratique, il y a une App disponible (simpliCITY) afin d'acheter ses tickets; il n'y a plus qu'à scanner le QR code une fois dans le bus, pour un prix de £4.50 la journée.
            Enfin, concernant les trains, faites également attention car nous sommes tombées sur une journée sans desserte sur une ligne et aucune information n'a été communiquée à ce sujet; rien en gare, rien sur les panneaux lumineux (qui étaient éteints, pour le coup), que dalle, walou.

          ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

            ✒︎Glasgow

            Comme prévu, ce n'était pas là qu'il y avait le plus à voir pour notre binôme, mais nous en aurons profité tout de même.
            Pas de chance pour cette première matinée : la pluie et, surtout, le vent étaient de la partie ! Nous nous sommes rendues à la cathédrale Saint Mungo qui est tout à fait charmante avec son plafond tout en bois (chose apparemment fréquente) et ses vitraux figurants notamment un Adam et une Eve qui m'auront fait grande impression. Assurément un lieu à parcourir, jouxtant la nécropole de la ville qui, elle, par contre, m'aura quelque peu déçue. En fait, sa situation sur une butte la rend intéressante (pour le point de vue), mais il y a tellement de grosses pierres tombales et de gros monuments, tous si bien alignés qu'on pourrait se croire dans une foire pour choisir les apparats de sa dernière demeure. En redescendant, nous avons profité du petit musée gratuit dédié aux religions pour nous sécher et nous réchauffer un peu (passable).


            Plus de chance : l'après-midi, la pluie s'est arrêtée (pas le vent) et nous sommes alors parties pour l'Université de Glasgow, visiter le cloître ainsi que le musée, qui s'est trouvé être assez intéressant dans sa collection anatomique. Malheureusement, nous n'avons pas pu tout faire (nous avons eu le temps de parcourir une exposition dans une galerie voisine, proche de la bibliothèque, assez sympa), les bâtiments fermant relativement tôt. A refaire lors d'une prochaine visite, donc.


            Une petite parenthèse sur l'exposition en question : Hand drawn action packed.
            Contemporaine mais suffisamment diversifiée pour que chacun y trouve son compte, les œuvres présentées sauront parler à ne serait-ce qu'une personne et j'ai personnellement pu découvrir un artiste, Marcel Dzama, qui a un univers qui a tout de suite su attraper mon attention.
            Un joli petit moment pour s'ouvrir à l'Art contemporain (qui, la plupart d'entre vous le sait, n'est pas ma forme d'art plastique favorite).


            ✒︎Edimbourg

            Amoureux des vieilles pierres, vous allez être comblés. La vieille ville est tout à fait agréable mais se fait beaucoup plus touristique, ce qui peut être un peu fatigant dans des passages étroits où ces crét... pardon, où ces gens n'avancent qu'en faisant du sur place ou dans les petites boutiques où il est difficile de circuler.
            Une fois arrivées, nous avons entrepris de gagner The Elephant House, plus pour le clin d'œil à la naissance d'Harry Potter (dont mon binôme est fan) que la nourriture. Tout près de là, se trouve le cimetière Greyfriars Kirkyard, assez petit, mais aussi charmant que peut l'être un cimetière, avec une jolie vue sur le château, tout proche.


            Château de Mary Stuart qui fut donc notre prochaine et dernière destination. Une fois grimpée la colline et les frais d'entrée payés, nous avons parcouru le chemin nous conduisant aux joyaux et trésors écossais, après un rapide retour sur la naissance et le cours de la royauté dans le pays (toujours intéressant à qui veut se pencher dessus ou n'y connait rien). Une fois les "Oh !" et les "Ah !" poussés, nous pouvons regagner des appartements joliment ornementés, bien plus simples que ceux dont nous avons l'habitude en France, mais aussi luxueux par le travail des matériaux choisis (encore une fois : beaucoup de bois).


            Nous avons ensuite traversé quelques lieux, étant arrivées trop sur le tard pour nous perdre dans des musées pas forcément intéressant à nos yeux et avons profité de la vue sur la ville, ainsi que des vieilles pierres chères à mon binôme. (Au final : un peu cher pour ce que nous avons fait, mais un must pour qui veut tout voir.)


            Avant de retourner sur Glasgow, nous avons flâné dans cette agréable cité et n'avons évidemment pas regretté le déplacement.

            ✒︎En remontant dans la "campagne"

            Initialement, nous aurions aimé profiter d'Inverness et du Loch Ness, mais force était de constater que le temps jouait contre nous sur une journée (cela aurait été bien trop court et bien trop cher pour si peu de temps). Aussi, nous avons plutôt opté pour la campagne au-dessus d'Edimbourg, j'ai trouvé une alternative avec la ville de Dunkeld où se trouve une ravissante (et vieille) cathédrale, longée par la Tay, un cadre tout à fait charmant.
            Avant de rejoindre ce lieu, nous avons dû opérer un changement à Perth et troquer le train contre le bus (attention, il y a plusieurs stations de bus et il s'agit de celle en centre ville pour se rendre à Dunkeld). Là, il n'y avait pas grand chose à découvrir, le tour fut fait, mais rien de marquant.
            Après quelques péripéties, nous nous sommes rendues chez Howies Bistro pour grignoter un petit quelque chose. Hahaha ! la bonne blague ! J'ai personnellement opté pour des frites, du pain à l'ail et un donut et... je me suis retrouver avec une bonne portion de frites, quatre bonnes tranches de baguettes bien beurrées et assaisonnées mais surtout : trois énormes espèces de bugnes en forme de boule. Alors, tout était délicieux, je ne peux que recommander chaudement, mais gare aux portions ! On a eu du mal à finir, avons dû emporter deux de nos donuts et n'avons pu les finir le lendemain, malheureusement, étant devenu trop durs... Pour le prix (les deux premiers étant des "sides", à moins de £3, tout comme le dessert), nous ne nous étions absolument pas attendues à si copieux et bon !


            La panse pleine, direction la cathédrale, donc ! Comme précédemment esquissé, pour l'atteindre, il faut emprunter une petite rue aux jolies maisons entretenues (elles qui ont déjà plusieurs siècles et ont vu apparemment pas mal de choses, comme le décrivent les plaquent historiques qui leurs sont accolées), longeant un fleuve au débit rapide. L'édifice se dresse en retrait de la berge, cette dernière étant plutôt voisine d'arbres majestueux et autres arbustes conférant une impression de quiétude infinie. Oui, j'étais déjà conquise, passées les grilles de ce lieu sacré.


            L'intérieur de la cathédral paraît moins intéressant que sa robe de pierres, déchirée par endroits, puisque les murs sont nus, le plafond n'a rien d'extraordinaires, les drapeaux présents tirent la tronche... Seul le gisant d'Alexander Stewart (dont je vous laisserai chercher la bien sympathique histoire) semble être le point important des lieux. Toutefois, prenez le temps de découvrir le petit chapitre dédié à l'Histoire du coin qui est extraordinairement riche (qui le croirait, dans cette mini-ville).

            En repartant en quête d'un train (un nouvel échec pour Marie et Pauline : aucun train ne circulait, comme je l'ai spécifié en préambule), nous avons un peu vadrouillé dans Birnam, autre mini-ville dans laquelle la gare était située et qui possède également une mignonne architecture. Un joli au-revoir à la campagne écossaise avant notre retour en Seine-et-Marne.


            ✒︎Côté shopping

            J'en reparlerai dans un prochain article, mais j'ai fait une petite descente aux boutiques Whittard de Glasgow (étant également un salon de thé) et d'Edimbourg.
            Côté découverte, j'ai eu un petit coup de cœur pour les boutiques Oliver Bonas, sortes d'Urban Outfitters, surtout pour leur vaisselle. Aussi, je pense qu'une fois mon emménagement réalisé dans mon prochain appart, je passerais une petite commande, les frais de ports étant gratuits si le panier dépasse les £50, ce qui est tout à fait raisonnable, je trouve. Mais qu'ai-je ramené de là-bas ? un livre qui n'a aucun rapport avec le voyage et qui sera à retrouver, également, dans un prochain article.
            Par contre, plus typique, je me suis choisi un ravissant dessous de verre provenant de l'Université de Glasgow, afin de remplacer progressivement ceux qu'on m'a offert il y a des années, mais qui ne correspondent pas à mon univers...

          ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

            En espérant vous avoir fait, une fois de plus, voyager quelque peu... je songe déjà à une prochaine visite, plus approfondie (les inconvénients de voyager avec quelqu'un qu'on ne connait pas super bien) et sur un mode road trip, véritable manière de pouvoir découvrir ce pays, à mon avis... Mais ça ne sera pas pour tout de suite !

          —xoxo

          29 mars 2019

          Une partie de mes lectures hivernales... avant le reste

            On s'en sort ! je rattrape petit à petit mon retard et on va commencer avec ce gros morceau de mes lectures hivernales, avant de vous présenter le reste, pouvant être divisé et regroupé en thématiques, comme je vous l'ai précisé dans un précédent billet.


          ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

            Seta, Baricco, Editions Reclam Philipp, 2008

            Petite incongruité : il s'agit là d'un texte en italien relatant une histoire française, le tout dans une édition allemande. Toujours très simple.
            L'histoire est courte, avec une construction similaire au conte, renforçant une sensation d'onirisme qui se conjugue souvent avec l'exotisme des découvertes d'autres cultures. Texte court, mais qui peut parfois traîner un peu en longueur, ce qui n'est pas si dérangeant, je pense que c'est là une intention d'écriture. Ainsi, c'est bien la fin de cette nouvelle qui est intéressante et qui m'a le plus captivé (ce qui est plutôt rare); une fin mélancolique, un peu triste, mais assurément belle.
          ★★★☆☆

            Les Pépites de la critique cinéma, Laurent Bourdon, Editions Dunod, 2018

            Tous les hivers, j'ai comme ce besoin de lire une anthologie quelconque et, cette fois, je me suis tournée vers des critiques de films... que je n'ai pas toujours vu, pourtant. Je ne vois pas quoi ajouter de plus, tant le titre de l'ouvrage est explicite, mis à part qu'il est joliment présenté.
          ★★★★☆
            
            Sex & the series, Iris Brey, Editions de l'Olivier, 2018

            Une recommandation de longue date que j'ai enfin parcouru. Comme je m'en doutais, je n'ai personnellement pas appris grand chose, mais j'ai trouvé cet essai tout à fait intéressant et accessible à tous. Aussi, et c'est ce qui me paraît le plus important : il peut permettre à tous de se questionner sur sa vision des relations aux autres ou à son corps, puisque nous sommes à présent globalement tous des enfants de la télé ou des Internets et donc, des séries.
            Une porte d'entrée intéressante vers les travers ou les "améliorations" de nos sociétés. (Si j'emploie ce terme d'"améliorations", c'est plus dans le fait de représenter des minorités, des pratiques, de dénoncer des choses etc.)
          ★★★☆

            L'Homme électrique, Victor Fleury, coll. Steampunk, Editions Bragelonne, 2019

            Une purge ! Voilà. Merci. Bonsoir. Non, franchement, je n'avais pas lu livre aussi insupportablement mal écrit depuis ma chère Emily Blaine. Si je lui mets tout de même une petite étoile, c'est simplement pour l'univers, qui était prometteur, mais il a été si mal exploité, desservi par un style d'écriture digne d'un collégien, multipliant les répétitions, tombant presque dans l'idée de scénario lors des dialogues à base de "Untel a dit blablabla a répondu Untel blablabla repris Untel"... mais on a pas besoin d'avoir une reprise de volet constante entre les personnages !! L'écriture devrait justement nous permettre de tout comprendre sans faire référence aux protagonistes constamment, pour la moindre petite action ou le moindre petit mot ! c'était proprement insupportable.
            J'ai tellement été déçue que je n'ai même pas envie de vous esquisser les contours de l'univers à une étoile, donc. Soyez curieux, mais vous pouvez tout à fait vous épargner cette peine.
          ☆☆☆☆

            La Femme parfaite est une connasse !, Anne-Sophie Girard et Marie-Aldine Girard, Editions J'ai Lu, 2015

            Une autre déception. Non que je m'attendais à passer le meilleur moment de ma vie, mais quand tout le monde te vend ce style de bouquin en le trouvant si drôle et si proche de la réalité... ben c'est décevant. Alors oui, il y a quelques blagues qui m'ont fait sourire, une ou deux qui m'auront peut-être fait rire, soyons fous, mais globalement, rien de très marquant. Dans le style, je vous recommande plutôt mille fois 211 Idées pour devenir une fille brillante de Bunty Cutler. De rien.
          ★★☆☆☆

            Carbone modifié, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018

            Je n'en parlerai pas avant d'avoir terminé la trilogie. Bisou.
          ★★★☆

            1984, George Orwell, coll. Folio, Editions Gallimard, 2018

            Cela faisait des années que j'avais ce mythique 1984 dans ma liste des bouquins à lire... et comme tout ce que tout le monde érige en mythe (ou presque), j'ai été déçue. Je pense que le lire aujourd'hui n'a absolument pas le même impact qu'il y a des décennies (sans blague !) et donc rien ne paraît si improbable. Par contre, je ne peux que le conseiller à toutes ces personnes qui font référence à Big Brother sans ne jamais l'avoir lu, ça leur éviterait d'employer cette image à tort, à travers et à outrance.
            Personnellement, je ne suis pas friande de ces sociétés sales, grossières, où tout est laid, jusqu'aux protagonistes. J'ai ainsi du mal à trouver un point d'ancrage, même si je comprends la nécessité de tout ceci dans un récit. Seul le dernier tiers, je pense, du livre m'aura le plus intéressé, mais je tiens à préciser que ce n'est absolument pas à cause du style d'écriture, simplement de l'environnement, je ne saurais trop insister là-dessus.
          ★★☆☆

          ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

              Encore dans ma PAL :
          • La Saga des quatre éléments, Tome 1 : Les Messagers des vents, Clélie Avit, coll. Le Livre de Poche, Editions du Masque, 2017
          • L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, Cervantes, coll. Folio Classique, Editions Gallimard, 2008
          • Eloge de la folie, Erasme, Editions Garnier Flammarion, 2016
          • Je me tuerais pour vous, et autres nouvelles, F. Scott Fitzgerald, coll. Le Livre de Poche, Editions Grasset & Fasquelle, 2017
          • Anges déchus, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018
          • Furies déchaînées, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018
          • Life Lessons from Remarkable Women, Stylist, coll. Penguin Life, Editions Penguin Books, 2018
              ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

                Encore une grande diversité dans ces lectures, j'ai vraiment cherché à consommer tout ce que je pouvais, plutôt que de me concentrer sur une thématique, ayant eu un grand besoin de m'occuper pendant mon arrêt maladie, mais également en temps de deuil.

              —xoxo

              20 mars 2019

              Mais où sont passées mes lectures !?

               Le petit relâchement qu'il y a eu sur le blog s'est fait sentir, certes, en résultent ces petits billets de reprise mais mes lectures ne se sont, elles, pas arrêtées pour autant. Je songeais à vous rédiger un gros article à la fin de l'hiver (aujourd'hui, donc) pour vous les présenter... mais il y en a eu bien trop ces deux-trois derniers mois ! Cela aurait été presque une vingtaine de livres dans un seul article, ce qui aurait été bien trop indigeste.
                De fait, j'ai plutôt choisi l'option des articles thématiques, qui arriveront au fur et à mesure, très certainement après mon voyage en Ecosse (départ demain !); on va y arriver !

                En attendant, je vous laisse un aperçu de ma pile à lire, qui est plutôt conséquente, mais que j'arrive à dégraisser, ce fut pire à un moment donné.

              ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

                  Encore dans ma PAL :
              • La Saga des quatre éléments, Tome 1 : Les Messagers des vents, Clélie Avit, coll. Le Livre de Poche, Editions du Masque, 2017
              • L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, Cervantes, coll. Folio Classique, Editions Gallimard, 2008
              • Eloge de la folie, Erasme, Editions Garnier Flammarion, 2016
              • Je me tuerais pour vous, et autres nouvelles, F. Scott Fitzgerald, coll. Le Livre de Poche, Editions Grasset & Fasquelle, 2017
              • Anges déchus, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018
              • Furies déchaînées, Richard Morgan, coll. Bragelonne SF, Editions Bragelonne, 2018
              • Dieu me déteste, Hollis Seamon, Editions 10/18, 2015
                  ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

                    Pour vous donner un petit quelque chose, avant de vous abandonner une fois de plus quelques jours, vous aurez au total cinq articles, présentant mes lectures sur un auteur en particulier, une thématique ou une "période" (le dernier étant le fourre-tout habituel de "Mes lectures du mois"); il y aura également un peu de tout, que ce soit en terme de temporalité, de genre ou même de culture !

                    On se retrouve très bientôt, c'est promis.

                  —xoxo

                  10 mars 2019

                  Je reviens... et je repars ! — Préparation du voyage en Ecosse

                    Depuis les débuts de ce blog, c'est la première fois que je n'ai pas posté un seul article sur un mois... (Me semble-t-il.) Février a été un condensé de toutes les merdes qui me sont tombées dessus depuis le novembre — à savoir : deux décès, des crises d'angoisse, des insomnies, des sensations de mort imminente, une tendinite qui n'est toujours pas partie, des projets, un reclassement temporaire, de nouvelles préoccupations... bref, plein de choses !
                    Mais ça y est, il est temps de revenir ! en vous présentant rapidement mon plan pour un voyage prévu de longue date, en Ecosse.


                  ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

                    J'aime bien vous partager mes projets d'avant-voyage, afin de pouvoir comparer, au retour, avec ce qui a pu être fait et ce qui a pu être découvert (de plus, vous pouvez également me conseiller, entre temps, et c'est cool).
                    L'Ecosse, donc, au motif d'un concert de Panic! At The Disco qui passera par Glasgow (mais que nous irons également voir à Paris). J'avais besoin de changer d'air (rappelons que les dates ont été données en août, à la sortie d'une rupture qui m'a fatigué) et ai donc pris ce prétexte, embarquant une copine dans mes bagages !


                    Comme à l'accoutumée, dans lesdits bagages sera embarqué le guide du Routard.

                    ✒︎Les villes prévues

                    Glasgow sera évidemment notre point de chute, pour des raisons pratiques inhérentes au concert, mais j'aurais trouvé dommage qu'en cinq jours que va durer notre aventure nous ne profitions pas d'Edimbourg et des Highlands.
                    Ainsi, arrivant assez tôt dans l'après-midi, nous aurons le temps de nous installer et d'explorer le quartier, puis de visiter la ville le lendemain; le jour d'après serait consacré à Edimbourg, le 24, jour du concert, serait une petite relâche pour récupérer de la veille (il y a tant à parcourir) et le 25 nous filerions dans les Highlands (ça, ou à intervertir avec le deuxième jour, cela reste à peaufiner).

                    ✒︎Qu'avons-nous réservé ?

                    Pour le vol, nous partons avec easyJet, ce qui ne m'emballe vraiment, mais alors vraiment pas ! J'avais déjà pu embarquer avec eux pour Madrid, en 2012, et ça a été le voyage le plus inconfortable que j'ai pu faire. La nouveauté, depuis, c'est la ridicule taille du bagage standard qui est... un sac à dos ! Heureusement que je voyage très léger, mais si j'avais voulu prendre mon sac cabine (qui est le seul que je prends habituellement, n'aimant pas les valises), il m'aurait fallu payer 25€ supplémentaires. La blague. Mais je me rallie à mon accompagnatrice...

                    Ensuite, tout comme pour Lisbonne, je ne me voyais pas réserver autre chose qu'un Airbnb pour ce type de séjour.
                    Je vous en reparlerai une fois le séjour terminé, mais nous avons trouvé un petit appartement, proche de Queen's Park — qui est probablement la première chose que nous allons faire —, qui a l'air fort pratique niveau transports (je ne conduis pas et ma copine ne se sent pas de conduire au Royaume-Uni, ce que je peux comprendre).

                  ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

                    Un bref retour, donc, mais qui vous donne un petit aperçu de la prochaine aventure qui nous attend.

                  —xoxo

                  28 janvier 2019

                  Pourquoi je ne publie plus sur YouTube

                    Comme je l'ai toujours dit : YouTube, c'est loin (mais alors loin) d'être ma passion et ce n'est qu'un support supplémentaire pour mon blog, afin de mettre en avant des articles qui pourraient plus intéresser que les autres (notamment ceux concernant Disney). De ces vidéos, je n'ai aucun soucis, elles ont aidé beaucoup de personnes et c'était le but. Tout comme mes quelques vidéos féministes, par rapport à ma propre histoire; elles étaient difficiles à tourner, mais le résultat est là. Pour les autres ? La grande majorité était du remplissage pour alimenter une chaîne qui n'avait pas de velléités d'expansion (ce que j'ai également toujours dit).

                    Mais du coup, faire du remplissage, ça me soûle prodigieusement. J'avais déjà stoppé les vidéos de favoris pour ça. J'ai beaucoup aimé faire les vidéos d'unboxing de Thé Box, même si elles n'apportaient rien, mises en rapport avec l'article lié, ça pouvait être relativement intéressant et surtout, elles mettaient l'accent sur le thé qui compose une partie de ma vie.

                    J'avais plus ou moins promis de tourner encore quelques vidéos, mais je préfère me promettre à moi-même de ne pas me contraindre.
                    Ce blog est réellement ce que j'aime faire. De fait, j'ai décidé de ne plus me prendre la tête avec le fait de filmer, de monter etc. des vidéos qui ne me donnent pas envie. Evidemment, j'en ferai toujours concernant des thématiques féministes ou sur des points de Disney qui doivent être abordés (si un jour j'arrive à quitter l'entreprise, notamment) mais je ne ferai plus de remplissage. Mieux : je dis adieu à ces vidéos de remplissage.

                  —xoxo

                  22 janvier 2019

                  Sur les traces de mes ancêtres — Episode 2 : Mes parents se sont lancés !

                    Souvenez-vous, dans mon dernier article consacré à MyHeritage DNA, j'avais fait part de mon désir d'offrir des kits à ma famille, afin de pouvoir faire des recoupements... Eh bien ma mère a franchi le cap toute seule et à commandé un kit pour elle, et un autre pour mon père ! (Et depuis, encore un pour mon frère...)


                    ✒︎Par rapport à mes résultats

                    Je vous avez également fait part de mon étonnement quand au fait de ne pas retrouver, au moins, mes origines italiennes dans mes résultats. En fait, nos ancêtres nous lèguent certains marqueurs et pas d'autres, ce qui peut expliquer certains trous que nous rencontrons à la lecture de nos données ADN.
                    Ainsi, peut-être allais-je être surprise de trouver autre chose à lecture des résultats de mes géniteurs... J'avais tellement hâte !

                    ✒︎Par rapport à mon père

                    De mes propres résultats, il est évident que ma part du groupe "Nord-africain" provient de lui. De même le groupe "Nigérian", ça me semble logique. Par contre, le groupe "Moyen-Orient" était une interrogation : est-il de lui, ou du fameux arrière-grand-père maternel à la "tête de Turc" ? Voyons cela...
                    Tout comme ma mère, il s'est lancé là-dedans par pure curiosité. Entre-temps, mon grand-père m'a appris que le fondateur de notre lignée (de mémoire de tradition orale) était un juif nomade qui a fini par se sédentariser dans notre région d'origine, en Algérie.



                    Sans surprise, le groupe "Nord-africain" est très largement majoritaire. Vient ensuite le groupe "Juif ashkénaze", confirmant la tradition orale familiale, puis celui du "Moyen-Orient", encore une fois, rien d'étonnant. La chose qui a surpris mon père, ce sont les pourcentages. Ce groupe ne m'a pas été transmis : "Italien", ce qui n'est pas si surprenant, puisqu'il englobe la Corse, la Sardaigne, la Sicile ou encore Malte, régions dans lesquelles les Maures et autres peuples étaient présents.

                    ✒︎Par rapport à ma mère

                    Mes parts des groupes "Ibère", "Grec", "Juif ashkénaze", "Peuples des Balkans" me semblaient lui appartenir, avec la petite interrogation du groupe "Moyen-Orient", comme précédemment énoncé. Quand est-il ?


                    Tout est donc confirmé, à l'exception des groupes "Juif ashkénaze", renvoyant donc à mon père et notre aïeul nomade (donnée que je n'avais pas à la découverte de mes propres résultats) et "Moyen-Orient" qui était une improbable supposition.
                    Ici, on peut voir qu'elle ne m'a pas transmis le groupe "Ouest et nord-européenne", pourtant majoritaire chez elle. Ce groupe est très certainement hérité de mon grand-père, puisque ma grand-mère puisait sa lignée entre le Sud-Ouest et l'Italie. Toutefois, il est intéressant de remarquer que sa part grecque est légèrement plus importante que la mienne; comme quoi, tout se mélange.

                  ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

                    En conclusion : deux groupes sont apparus qui ne m'ont pas été transmis, "Italien" et "Ouest et nord-européens", groupes qui ne sont pas si surprenants lorsqu'on se penche sur l'Histoire (pour mon père). Aussi, il me tarde à présent de pouvoir comparer mes résultats à ceux de mon frère, histoire de voir ce que nos parents nous ont légué respectivement.

                  —xoxo

                  15 janvier 2019

                  Challenge 7 jours 7 livres 0 commentaire

                    Bonjour bonjour ! Et bonne année à tous ! Pas d'article dédié, cette année, on reprend comme si de rien, puisque rien n'a changé entre décembre et janvier.

                    Ainsi, courant décembre, j'ai été conviée à participer à un petit jeu sur Facebook, consistant à poster, une fois par jour durant une semaine, la couverture d'un livre qui nous a marqué, sans commentaire. J'ai adoré ce concept qui peut nous faire découvrir certaines œuvres (aimées ou non) importantes dans la vie d'autrui.

                    Arrivée au bout de ma semaine, j'ai souhaité revenir dessus, étant toujours intéressant d'expliquer ces choix; toutefois, ne vous attendez pas à des critiques de tous ces livres, j'ai plutôt souhaité expliciter en quoi ils ont été marquants pour moi.
                    Je tiens à préciser qu'il n'y a pas vraiment eu un ordre d'importance et que tous ne sont pas de mes livres préférés.


                  ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

                    Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos

                    Un énorme coup de coeur littéraire dans mes années lycée. Je ne vais pas revenir sur le génie de l'auteur, ni sur le génie de son roman épistolaire  d'ailleurs, si cela vous intéresse, j'ai déjà pu commettre un article complet sur Les Liaisons dangereuses, vous faisant même un retour sur toutes ses adaptations cinématographiques.
                    Comment ne pas pouvoir s'identifier à un ou plusieurs personnages (et surtout avec les années car, soyons honnêtes, ce n'est pas au lycée qu'on allait pouvoir le faire) ? Toujours d'actualité, car parlant d'amour, de manipulation, de pouvoir, de trahison... bref, de traits humains, il ne peut qu'être parcouru encore et encore et encore sans que je puisse m'en lasser.
                    Les personnages sont plus ou moins intéressants, Valmont et Merteuil mis à part... et cette Merteuil ! Comment passer à côté de cette héroïne tragique !? Oui, pour moi, c'est une héroïne tragique, et pas seulement une salope manipulatrice, comme beaucoup le penserait. Cette douleur finale qui l'étreint... C'est déchirant. Encore une fois : mon amour pour les destins brisés, les amants maudits, les actes manqués... bref, les grands cons magnifiques. Et j'en suis une, n'allez pas croire le contraire.

                    Le Monde de Narnia, C.S. Lewis

                    Plus que la saga des Harry Potter, c'est avec Le Monde de Narnia que j'ai pu accrocher à un monde fantastique et mettre le pied dans ces univers merveilleux  ou peut-être était-ce avec La Quête d'Ewilan, trilogie de Pierre Bottero ? mais l'héroïne m'insupportant trop, j'ai plutôt gardé Narnia en tête...
                    Les aventures proposées sont plus ou moins intéressantes mais toutes nous permettre de suivre une temporalité bien définit dans un monde complexe et c'est ce que j'ai beaucoup aimé. Suivre l'évolution d'un univers différent du notre nous permet paradoxalement de nous tourner vers notre propre Histoire du monde et de constater que nous avons vécu de profonds changements nous-mêmes, que notre Terre a connu de nombreuses civilisations, certaines éteintes, d'autres en cours d'évolution, d'autres encore en mutation... bref, se plonger dans ces chroniques nous permet de nous évader, mais également de nous éveiller à nos réalités.

                    Les Proies, Thomas Cullinan

                    Mon livre préféré de l'année 2018 et assurément dans mon top à vie. J'ai déjà pu vous en parler sur le blog, je vous laisse ainsi sa critique en suivant ce lien.
                    Il est très tôt pour dire s'il m'a marqué ou non, mais j'ai rarement vécu autant d'émotions à la lecture d'un livre et cette histoire était tellement bien ficelée, avec une fin m'ayant rendu tellement groggy que je ne pouvais pas ne pas le mentionner dans cette liste.

                    L'Idiot, Fiodor Dostoïevski

                    Si j'avais déjà pu lire du Tolstoï par le passé, c'est bien L'Idiot qui m'a définitivement rendu amoureuse de la littérature russe du XIXème siècle. Je pense également que c'est celui-ci qui m'aura fait comprendre que j'ai un faible pour les personnages torturés, les destins funestes ou maudits, la mélancolie, le spleen... bref, pour des univers particuliers qui m'attireront vers Fitzgerald, dans une autre temporalité, par exemple.
                    Enfin, l'ayant lu durant des vacances charnières dans ma vie (fin du lycée, début de la fac de Lettres, mes dix-huit ans...), il garde et gardera une saveur particulière à mes yeux.

                    Au Bonheur des dames, Emile Zola

                    Je l'ai découvert en classe de seconde, alors que notre professeure de français nous avait laissé le choix pour lire l'une des œuvres figurant sur une liste de sa composition durant je ne sais plus qu'elles vacances. Autant dire que vu le pavé, j'ai été la seule à choisir du Zola ! J'adorais déjà les romans faisant des descriptions sur huit pages d'une tache sur un tissu alors j'ai été ravie avec cette histoire qui m'a permis de m'évader dans un Paris moderne en construction et son héroïne était moins cucul que ce que j'aurais pensé de prime abord.
                    J'ai trouvé ça intéressant de nous laisser le choix de lecture, tout en nous aiguillant car je ne pense pas que j'aurais ouvert du Zola si "tôt" dans ma vie, associant son œuvre à une forte critique politique ou sociétale, ce qui me passait totalement au-dessus de la tête, pour cette période.

                    Barbe bleue, Charles Perrault

                    Lorsque nous étions enfants, lors de nos vacances, nous demandions à nous faire conter des histoires par notre père, piochées dans un grand livre en renfermant en nombre. Mon conte préféré d'entre tous était (et demeure) celui de Barbe bleue. Je me demande si cette sensibilité est partagée par beaucoup de petites filles de 6 à 10 ans... En tout cas, cette histoire m'a marqué, sans pour autant avoir été terrorisée par ce monstre; je ne sais pas si j'ai été fascinée par celui-ci non plus... si je dois le mettre face à mes goûts actuels pour la folie (mais pas pour l'horreur), peut-être ce texte en était-il le précurseur. Ou peut-être, sachant déjà enfant qu'il avait été inspiré d'un roi ayant bien existé (Henri VIII, pour ceux qui n'auraient pas suivi), ma fascination était peut-être curiosité historique.
                    Ah ! L'enfance !

                    Journal d'ethnographe, Bronisław Malinowski

                    Durant mes années d'étude en anthropologie, j'ai pu avoir entre les mains beaucoup d'ouvrages qui m'ont marqué. Celui-ci m'a particulièrement plu, présentant le quotidien d'un homme comme les autres, avec ses imperfections, ses idées préconçues etc. J'ai trouvé intéressant de voir une image dans sa réalité et à replacer dans son contexte historique, du chercheur qui n'est pas une figure toute-puissante, hautement intellectuelle et parfaite, ne souffrant d'aucun mal et étant moralement irréprochable.

                  ∴ ⟐ ∵ ⟐ ∴

                    Voilà qui aura pu vous présenter des œuvres diverses avec des thématiques assez différentes et ça m'aura donné envie de redécouvrir certaines d'entre elles !

                  xoxo